Bibliographie sur le D-Day

Livres sur le débarquement en Normandie

Le point de vue de l’histoire universitaire

Jean-Pierre Azéma, Robert O. Paxton, Philippe Burin : 6 juin 1944 (Collection Tempus – Editions Perrin – 2008)

Les regards croisés de trois spécialistes de la période, JP Azéma, dont on connaît depuis longtemps les ouvrages sur “La France des années noires”, Robert Paxton, historien américain spécialiste de Vichy, et Philippe Burin, dont les travaux plus récents sur l’occupation et le fascisme français font désormais autorité.

Olivier Wieviorka, Histoire du débarquement en Normandie. Des origines à la Libération de Paris 1941-1944 (Points Histoire 2010)

Comme l’indique le sous-titre, le livre embrasse une période bien plus vaste, retraçant en quelque sorte origines, préparation, évènements, conséquences. L’ouvrage d’un historien français essentiellement basé sur des sources anglo-saxonnes.

Antony Beevor (trad. J-F. Séné, R. Clarinard et I. Taudière), D-Day et la Bataille de Normandie (Calmann-Lèvy, 2009)

Le point de vue d’un historien britannique parfois controversé, dont l’approche, plus militaire notamment, mais pas seulement, diffère très sensiblement de celle de ses confrères français.

bibliographie du débarquement

Le point de vue des historiens militaires

Richard Holmes : (trad : Ch. Rosson) Le débarquement : du jour J à la libération de Paris (Gründ – 2004, réédition 2008)

Par un spécialiste de l’histoire militaire, un ouvrage d’une grande richesse icônographique.

Dan Van der Vat : (trad. A Téroux) Jour J, le plus grand débarquement, une histoire d’hommes  (Heimdal – 2003)

Par un autre spécialiste de l’histoire militaire (on lui doit également un ouvrage sur Pearl Harbour), un ouvrage également très bien documenté.

Stephen Badsey : Jour J – Du débarquement à la libération (Atlas 2004)

La partie icônographique de l’ouvrage, d’une richesse exceptionnelle, constitue son principal intérêt. La référence en la matière.

Will Fowler (trad.E. Beuve-Méry ; photos Claude Rives) Le débarquement – Récit heure par heure du jour le plus long (Tana – 2004)

L’originalité de ce livre tient à sa partie “musée sous la mer”. Les fonds marins de nos plages normandes recèlent des trésors cachés.

Carlo d’Este
Histoire du débarquement – janvier- juillet 44
Préface d’Olivier Wieworka
Editions Perrin – 2013
Lui-même ancien officier supérieur de l’US Army, l’auteur a déjà à son actif des biographies de Patton, Eisenhower et Churchill. Pour le New-York Times, son opus est tout simplement “l’histoire la plus percutante, la mieux documentée et la plus enlevée du Débarquement jamais écrite”. Y figure notamment une réflexion sur le rôle, controversé après coup, de Montgoméry (voir la page que lui consacrons dans la rubrique “Grandes figures GB”). Il a fallu attendre 2013 pour découvrir en français ce livre paru en 1983 aux Etats-Unis.

On le voit, tous ces historiens militaires (y compris Dan Van der Vat, d’origine néérlandaise), sont issus de l’école anglo-saxonne. Leur approche n’est pas nécessairement celle qu’aurait adoptée un Français…

Pour le grand public

Jean Quellien, professeur émérite à l’université de Caen, est sans doute un des meilleurs spécialistes français de Jour J. On lui doit plusieurs ouvrages destinés à un large public et abondamment illustrés, notamment:

Normandie 44 (OREP Editions – 2010)
Les plages du débarquement  (OREP Editions – 2008)
Les Américains en Normandie (OREP Editions – 2012)
et, plus récemment :
La bataille de Normandie 6 juin – 25 août 1944 – 80 jours en enfer (Editions Tallandier – 2014)

Sur la préparation

Gilles Perrault : Le secret du jour J (Fayard – 1994)

Avant d’aborder des sujets plus politiques, G. Perrault avait su nous captiver avec des récits portant sur la bataille du renseignement pendant la 2e guerre mondiale. Trois ans avant de publier “L’orchestre rouge”, son “secret du jour J”, retrace, comme son nom le laisse supposer, le combat des services secrets alliés contre ceux du Reich. 

Adapté au public jeune

Anthony Kemp : 6 juin 1944, le débarquement en Normandie (Gallimard Jeunesse – 2004. Trad. PM Reysse)

Cet universitaire britannique désormais installé en France est un collaborateur régulier du Mémorial de Caen. Le même ouvrage est proposé dans une version accompagnée d’un CD audio. On lui doit aussi : Le débarquement : des plages normandes à Paris (Gallimard 1994), petit livre mais richement documenté, et, en partenariat avec le Mémorial : Le débarquement : les 100 jours de la bataille de Normandie (Ouest-France 1996).

En BD

On doit à Jean-Blaise Djian  Jérôme Félix , Alain Paillou , Isabelle Bournier et Marc Pottier la série Normandie Juin 44, qui comporte 5 tomes, parus de 2008 à 2013:
1. Omaha beach Pointe du Hoc
2. Utah beach Carentan
3. Gold beach Arromanches
4. Sword beach Caen
5. Juno beach Dieppe
(Editions Vagabondages)

On citera aussi
6 Juin 1944 Overlord de Serge Michel et Mister Kit (OREP Editions 2004)
Commando Kieffer 6 juin 1944 de Marcel Uderzo (le frère d’Albert) et Philippe Zytka (Editions du triomphe – 2012)

Enfin, en ce printemps 2014 viennent de sortir les deux premiers tomes d'”Opération Overlord” aux éditions Glénat: tome 1: Sainte-Mère-Église de Michaël Le Galli et Davide Fabbri; tome 2: Omaha beach, de Bruno Falba, Davide Fabbri et Christian Dalla Vechia.

Les best-sellers incontournables

Cornelius Ryan : Le jour le plus long : 6 juin 1944 (Press Pocket, réimpression 2004).

C’est, aujourd’hui encore, pour beaucoup, “le” livre sur le sujet. Ecrit par un journaliste de métier, paru en 1959, il inspirera le fameux film de Darryl F. Zanuck. On doit également à son auteur l’ouvrage “Un pont trop loin”, lui aussi adapté au cinéma. 

Paul Carell : Ils arrivent ! Le débarquement vu du côté allemand (Robert Laffont réédition 2011, en poche chez “J’ai lu” 2004)

S’est également très bien vendu en raison de son point de vue particulier. A manier avec précaution étant donnée la personnalité de l’auteur : Paul Karl Schmidt avait certes le grade d’Obersturmbannführer (Lieutenant-Colonel) mais… dans la SS. Porte parole durant la guerre du ministre des Affaires étrangères Ribbentropp, il est considéré comme un influent propagandiste du régime nazi. Quand on sait qu’il a toujours nié l’existence des crimes de guerre, pourtant avérés, de la Wehrmacht sur le front de l’est…

On peut essayer aussi

 Georges Blond : Le débarquement (Arthème Fayard, 1951)

Cet auteur très prolifique et après tout assez éclectique s’était spécialisé dans les récits historiques (1ère et 2nde guerres mondiales, épopée napoléonienne). Une édition de son “débarquement” a été préfacée par le Colonel Rémy, preuve que ce dernier n’était pas rancunier. Jean-Marie Hoedick, de son vrai nom, avait pourtant été un collaborateur zêlé durant l’occupation (journaliste à “Je suis partout”, participant avec Brasillach et Drieu La Rochelle aux fameux voyages des écrivains français en Allemagne), il est vrai sans avoir été le moins du monde inquiété à la Libération.

Des petites histoires au sein de la grande

Philippe Bertin : Histoires extraordinaires du jour le plus long (Ouest-France -2004)

Ancien journaliste, l’auteur compile les histoires individuelles d’acteurs et de témoins pris dans la tourmente.

Jean-Pierre Guéno : Paroles du jour J (Editions 84 -2004)

Par le créateur des “Paroles de Poilus”, des lettres, des journaux intimes, etc.. puisés dans les deux camps.

 Les témoignages des acteurs

On pourra aussi se référer aux récits ou aux mémoires de certains protagonistes, lesquelles, bien évidemment, couvrent une période bien plus importante que ce simple jour. On citera notamment :

Alexandre Renaud : Sainte-Mère-Eglise, première tête de pont américaine en France (Ed. Odile Pathé – 1955)

Le récit de l’ancien maire de la localité, en fonction en Juin 1944 (campé par Georges Wilson dans “Le jour le plus long”)

Dwight Eisenhower : Croisade en Europe (Robert Laffont, 1949)

Bernard L. Montgomery : Mémoires (Plon, 1958)

Omar Bradley : Histoire d’un soldat (Gallimard, 1952)

Philippe Kieffer : Béret vert (France-Empire – 1952)

Gwenaël Bolloré : Nous étions 117 (France-Empire – 1964) et aussi : J’ai débarqué le 6 juin 1944 (Le cherche-midi – 2004)

Bill Millin : La cornemuse du D-day (Heimdal – 1994)

Général James M. Gavin : On to Berlin (Bantam – 1992)

L’histoire de la 82e division aéroportée US, par celui qui, à l’aube du 6 juin, quand il saute avec le 505ème régiment de parachutistes, en était le commandant adjoint (Rôle tenu par Robert Ryan dans “Le jour le plus long”). Il n’existe malheureusement pas de traduction.

Général Hans Speidel : (trad.E. Delage) Invasion 44 (J’ai lu – 1964)

Le point de vue allemand par celui qui était le chef d’Etat-Major de Rommel. (Rôle tenu par Wolfgang Büttner dans “Le jour le plus long”).

Enfin, les férus du film de Darryl Zanuck ne rateront pas le numéro hors série de “La presse de la Manche” sorti en 2012 pour le cinquantième anniversaire du tournage du film : “Notre jour le plus long”.

Dernières publications

Quelques livres publiés récemment:

  • Philippe Kieffer, chef des commandos de la France Libre, par Benjamin Massieu, aux éditions Pierre de Taillac (288 pages, 30 €). L’ouvrage, abondamment illustré, nous montre comment l’ancien banquier est devenu l’icône française du Jour J. Une fois n’est pas coutume, cette biographie était en fait au départ un travail de recherche universitaire, de la part de ce jeune historien prometteur.
  • Les 177 Français du Jour J, de Stéphane Simonnet, aux éditions Tallandier, (128 pages, 24,90 €). En 2001, la disparition de Gwen-Aël Bolloré, le plus connu du grand public des anciens du commando Kieffer, attire l’attention de Stéphane Simonnet, historien attaché au Mémorial de Caen, sur cette poignée de Français qui, s’ils ne sont pas les seuls à participer au Jour J, sont les seuls à débarquer (voir l’article qui leur est consacré dans la rubrique : “Les Français du Jour J”). S’ensuivront treize années de recherches qui nous valent aujourd’hui cet ouvrage qui s’appuie sur des centaines de photos, lettres et documents inédits.
  • Il fallait y croire… (Alexandre Lofi, héros du jour J) par Denise Beau-Lofi, aux éditions du bout de la rue, 318 pages, 18 €). Rédigée par sa fille, la biographie de l’un des hommes de Kieffer, fils de mineur qui, ayant rejoint l’Angleterre dès juin 1940, sera jusqu’à la capitulation allemande de toutes les campagnes du commando, dont bien sûr le débarquement à Sword.
  • D-DAY : 70 jours pour libérer la Manche de Marion Caratini, Arnaud Digard et Patrick Fissot aux Editions OREP,  (160 pages, 35,00 € ; format : 190 x 270 mm).
    Réalisé sous la forme d’un carnet de voyage, cet ouvrage offre un regard artistique sur le Débarquement et la bataille de Normandie dans la Manche en retraçant jour par jour les événements majeurs qui ont marqué la libération de ce département.
    Edité à l’occasion du 70e anniversaire du Débarquement, c’est une édition d’art, imprimée sur papier dessin.
  • Célébrités, héros et anonymes du D-Day d’Yves Lecouturier
    Ce spécialiste de la Poste et des Télécoms, familier des éditions Ouest-France, a d’abord reçu une formation d’historien. Il retrace ici le rôle des acteurs, célèbres ou inconnus de cette fameuse journée. Le débarquement à hauteur d’homme… ou de femme. Editions Ouest-France 2014 -187 pages; 15 €.
  • Histoires insolites du débarquement de Frédéric Veille et Frédéric Leterreux
    Dans le format de la collection “Histoires insolites” de la maison d’édition (après celles des écrivains, des rois et reines de France, de la police, de la grande guerre, etc…), le travail de deux journalistes férus de tout ce qui touche au second conflit mondial. City éditions 2014 – 251 pages; 17,50 €.
  • Citons surtout les ouvrages de Joseph Balkoski, historien militaire américain spécialiste de la seconde guerre mondiale, et sans doute la référence outre-atlantique pour ce qui concerne le D-Day.On lui doit six ouvrages consacrés à la 29e DI américaine. Le principal, qui date de 1989 et s’appuie essentiellement sur les témoignages des anciens, a été traduit en français en 2013 : La 29e Division américaine en Normandie, aux éditions « Histoire et Collections » (404 pages, 24 €). Plus récemment ont également été traduits et publiés par le même éditeur ses ouvrages consacrés aux plages américaines (pour la seule journée du 6 juin) : Omaha beach (Etats-Unis 2004 ; France 2014 – 383 pages – 24 €) et Utah beach (Etats-Unis 2006 ; France 2015 – 348 pages – 24 €)

Réédition, à l’occasion du 70ème anniversaire, d’ouvrages plus anciens

Raymond Ruffin
La résistance dans l’opération Overlord
France Empire 2004 – 428 pages; 22 €.
Chroniqueur pour les chaînes télévisées du service public, l’auteur nous livrait ici le fruit de plus de trente années de recherches, et contribuait à mettre en lumière le rôle de la Résistance intérieure française, souvent oublié dans les ouvrages consacrée au Jour J. (tel n’est pas notre cas: voir l’article sur ce sujet dans la rubrique: Les Français de Jour J)

Roderick Bailey
Les voix oubliées du débarquement – Personne ne peut mieux raconter l’histoire que ceux qui y étaient.
Chercheur à l’Université d’Oxford (bien que diplômé lui-même de Cambridge), l’auteur est un historien militaire réputé outre-Manche. Ayant eu accès aux témoignages enregistrés par l’Imperial War Museum, il en livre ici une multitude, certains très courts, d’autre plus étoffés. L’ouvrage est en outre agrémenté de 70 photographies et cartes.
Ixelles éditions 2009 – 324 pages; 23,60 €

Elisabeth Coquart et Philippe Huet
Les rescapés du Jour J – Les civils dans l’enfer du 6 juin 44
Albin Michel 2004, 250 pages; 18,80 €
Réédition d’un ouvrage paru en 2004. Plus tard, les auteurs livreront sur le même sujet, celui des civils piégés dans la zone des combats, une autre collection de témoignages: Le jour le plus fou – Les civils dans la tourmente – Succès du livre éditions – 2007 – 295 pages; 25 €, mais probablement épuisé.

Le 70ème anniversaire

En ce mois de mars, les éditions Ouest-France publient également un hors-série (95 pages, 6,90 €) s’inscrivant dans une série programmée pour le 70e anniversaire et intitulé Le débarquement au cinéma.
Disons-le tout net : le titre est inapproprié.
Le dossier s’intéresse de près à 27 films (33 autres se voyant consacrer une “brève”), parmi lesquels une minorité (dont Le jour le plus long et Il faut sauver le soldat Ryan, bien entendu) est véritablement dédiée au jour J. Pour d’autres, Overlord est un élément (Au-delà de la gloire) ou tout simplement un petit – voire tout petit – détail d’une histoire bien plus générale (Le mur de l’Atlantique, La vie de château, ou même Un singe en hiver). Certains ont pour sujet d’autres épisodes – réels ou fictifs – de  de la 2e guerre mondiale (Paris brûle-t-il, La nuit des généraux, La bataille du rail, Les femmes de l’ombre), et pour d’autres enfin, qui ont certes pour cadre le second conflit mondial, le rapport avec le D-Day est vraiment difficile à cerner: La grande vadrouille, La 7e compagnie.
Il n’empêche, si l’on oublie ce titre mal choisi, l’ouvrage (dont, qui plus est, le prix est extrêmement modique), offre un contenu de qualité : les cinéphiles l’apprécieront, et les historiens également, grâce notamment aux témoignages de Jean Quellien et de Marc Ferro.

Ces mêmes éditions Ouest-France poursuivent leurs publications dans le cadre du 70ème anniversaire avec “100 photos du Jour J et de la bataille de Normandie”, un hors-série vendu au prix de 6,90 €, édité au format “paysage”, et dont les photos sont légendées en français, anglais et allemand.
On rappellera que ces éditions commémoratives ont débuté avec la réédition de “L’ouest en guerre” (hors-série, 12,90 €, 142 pages et de nombreuses illustrations) lequel retrace non seulement les épisodes du débarquement, de la bataille de Normandie et de la Libération, mais débute dès les premières semaines du conflit, au printemps 1940. A l’édition originale sont venues se greffer 16 pages consacrées aux lieux de mémoire (les plages, les villes meurtries, les cimetières militaires, etc…). L’album est en outre vendu accompagné d’un DVD retraçant l’itinéraire de Tony Vaccaro, soldat photographe, ancien de la 83e DI, débarqué en Normandie fin juin 44.

On mentionnera également :

Emmanuel Thiébot

Chroniques du débarquement et de la libération

Editions Larousse – 30,90 €

Historien au mémorial de Caen, Emmanuel Thiébot, à qui l’on doit déjà des “Chroniques de la vie des Français sous l’occupation” publie à l’occasion du 70ème anniversaire et dans la même collection “Documents de l’histoire” des éditions Larousse, cet ouvrage abondamment illustré, qui, en plus des photos, s’appuie sur de nombreux fac-similés (lettres, carnets, cartes, brochures de propagande, journaux, etc..).

[Total : 2    Moyenne : 5/5]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*