La pointe du Hoc et les îles Saint-Marcouf

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La pointe du Hoc

Située sur la Commune de Criqueville en Bessin, la pointe du Hoc consiste en une falaise de 25 à 30 mètres de haut, surplombant une très courte plage de galets. Elle a été fortifiée par les Allemands, qui y ont installé de l’artillerie lourde, et se trouve à cinq kilomètres de l’extrémité ouest d’Omaha beach, et à à peine plus de 10 d’Utah beach, ce qui met donc les deux plages du débarquement à la merci de ses canons (des 155 mm GPF français, dont la portée peut atteindre 19 kilomètres).

pointe du hocLa configuration du site et la qualité des défenses allemandes amènent les Alliés à penser que, pour indispensables qu’ils soient, bombardements aérien et naval ne suffiront pas à mettre les pièces hors d’état de nuire, ce qui s’avère pourtant indispensable à la réussite du débarquement. Il est donc décidé d’envoyer une troupe d’assaut qui devra, dès la première heure, sécuriser le site.

Cette mission est confiée au 2e bataillon de Rangers du Colonel James Earl Rudder, 4 compagnies formant la première vague (3 à la pointe du Hoc proprement dite, une à la pointe de la Percée, voisine) les deux autres, appuyées par le 5e bataillon, constituant les renforts, auxquels s’ajoutera encore en théorie le 116e Régiment d’Infanterie débarqué à Omaha.

A 5 h 50 débute le bombardement naval (USS Texas, USS Satterlee, HMS Talybont), suivi d’un bombardement aérien par des B26 Marauders.

Comme sur d’autres plages, le courant, auquel s’ajoute la difficulté à se repérer en raison de la fumée des bombardements, va faire dériver les embarcations (péniches de débarquement : les LCA – pour Landing Craft Assault, mais aussi des DUKW – pour Dual Utility Kargo Waterborne, véhicules-amphibie qui transportent notamment les échelles de pompiers (empruntées aux pompiers de Londres) qui serviront, en plus des lance-fusées porteurs de cordes, à escalader la falaise); un DUKW sur les quatre s’y perdra. Ce n’est qu’à 7 h 10 que les premiers rangers débarquent. Or, il était prévu qu’en cas de succès, ceux-ci devaient photo d'un cratère d'obusenvoyer une fusée éclairante à destination de la deuxième vague. A 7 h, ne voyant rien venir, le Colonel Max Schneider, qui la commande, conclut à un échec et applique donc le plan B en se détournant sur Omaha beach : les premiers Rangers n’auront donc pas de renforts. Ceux-ci, fort heureusement, vont réussir à escalader la falaise et à s’emparer des positions ennemies en un laps de temps relativement court et, pour cette action-là, sans trop de pertes, les Allemands abandonnant rapidement le combat. Ils ont alors la surprise de découvrir des casemates sans canons : lorsque “Le jour le plus long“ illustre la scène, il montre des casemates vides, ce qui n’est pas tout à fait le cas : pour tromper l’observation aérienne, les canons ont été remplacés par des pylônes de bois. Il oublie surtout la suite, les canons sont bien là, mais pas à l’endroit où on les cherchait : ils sont à l’intérieur des terres, à plusieurs centaines de mètres. Lorsque les Rangers les découvrent, vers 9 heures, les Allemands les ont abandonnés. Les Américains peuvent alors les détruire. Arrivés jusqu’à la route côtière, les hommes du 2e bataillon vont devoir faire face aux contre-attaques allemandes, toute la journée du 6, mais également la nuit suivante. Ce n’est que le 7 dans l’après-midi que, venant d’Omaha, le 5e bataillon, le 116e Régiment d’Infanterie, et des chars du 743e bataillon les rejoignent enfin. Et ce n’est que le 8 au matin que les Allemands sont définitivement repoussés, avec la prise du plus proche village : Saint-Pierre-du Mont. Sur les 225 Rangers débarqués l’avant-veille, seuls 90 sont encore en état de combattre.

dague commémorative de la pointe du hocAujourd’hui encore, les cratères du site (aménagé pour la visite), sur lesquels la nature tend pourtant à reprendre ses droits, témoignent de la violence des bombardements.

Un monument en forme de dague rend hommage au sacrifice des Rangers. En 1979, le site a été confié par la France aux Etats-Unis (plus précisément à l’American Battle Monuments Commission, qui gère également le cimetière de Colleville). Et c’est grâce aux capitaux américains que l’endroit a pu être restauré après plusieurs années d’importants travaux (le bunker sur lequel s’élève le monument menaçait de s’effondrer et avait dû être fermé en 2000) et inauguré en 2011.

Voici une vidéo, certes très courte, mais ô combien représentative de la profondeur des cratères laissés par les obus

Les îles Saint-Marcouf

Situé à quelques sept kilomètres du rivage, cet archipel, constitué de deux îles (l’île de Terre et l’île du Large) est devenu français sous Napoléon. L’histoire a retenu que c’est à cet endroit que le tout premier sous-marin, le Nautilus de l’Américain Robert Fulton, fut engagé contre les Anglais, qui possédaient alors les îles.

Ce n’est toutefois pas pour cette raison que les Alliés s’y intéressent, mais parce qu’ils soupçonnent les Allemands d’y avoir installé, au sein des fortifications commencées sous l’Empereur, des pièces d’artillerie susceptibles de balayer aussi bien Utah qu’Omaha.

Un tel risque ne pouvant être encouru, une opération spéciale est décidée. Précédé d’un petit commando de nageurs de combat, un détachement conduit par le Lieutenant-Colonel Edward C. Dunn prend pied sur les îles, où il ne trouve rien ni personne. Les premiers alliés à débarquer en Normandie (il est un peu plus de 5 heures) ne sont donc pas sur le continent ! Ce débarquement s’est fait sans combat, mais non sans victimes (19 hommes hors de combat) en raison des mines déposées sur les grèves.

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