John Steele

Né en novembre 1912 dans l’Illinois, (son père est capitaine d’un des bateaux qui sillonnent le Mississipi) John Marvin Steele est probablement le « simple soldat » le plus connu parmi tous ceux qui participèrent au débarquement. Il doit bien entendu sa célébrité à un film : “Le jour le plus long”.

Lorsque les États-Unis entrent en guerre, John Steele s’engage dans les troupes aéroportées (deux de ses frères vont également sous les drapeaux, dont l’un ne reviendra pas) et intègre ainsi la 82e DI, et plus précisément le 505ème Régiment d’Infanterie Parachutiste. Il sert de grand frère à la plupart de ses camarades qui ont souvent dix ans de moins que lui, et est aussi le coiffeur de sa compagnie.

Avec celle-ci, il est de la campagne en Afrique du Nord, en mai 1943. En Juillet, c’est le débarquement en Sicile. Il s’y casse la jambe et doit être rapatrié en Afrique du Nord. Il est remis sur pied pour participer aux opérations en Italie en septembre, avant de rejoindre l’Angleterre pour préparer le débarquement en novembre 1943.

clocher sainte mere egliseIl fait donc partie des paras qui arrivent sur la place de Sainte-Mère-Église cette fameuse nuit. A partir de là, plusieurs versions de son aventure existent *. Une chose est certaine, un incendie faisant rage sur la place, tout le monde est debout, habitants du village comme troupes allemandes : les paras qui terminent leur chute constituent une proie rêvée : John Steele est blessé au pied, par une balle pour certaines versions, par un éclat d’obus de la Flak (défense anti-aérienne) allemande pour d’autres. N’arrivant plus à guider son parachute, il termine sa course sur le clocher de l’église, mais (et ici les versions concordent) du côté opposé à la place. C’est Darryl Zanuck, pour le tournage du “Jour le plus long”, qui trouvera plus intéressant d’imaginer de l’accrocher côté place. L’idée a fait souche, puisque, encore aujourd’hui, un parachute et un mannequin sur le clocher de ce côté rappellent l’épisode.

Tentant d’abord de se libérer, notamment en découpant ses sangles à l’aide de son couteau, Steele n’y parvient pas : son couteau lui échappe ! Il a alors la présence d’esprit de faire le mort. Il restera ainsi suspendu deux heures avant que, profitant d’une accalmie dans les combats, deux soldats allemands ne viennent le décrocher.
Le voilà donc prisonnier. Pour peu de temps : trois jours plus tard, il s’évade et parvient à rejoindre son régiment !  Transféré dans un hôpital en Angleterre, il sera à nouveau opérationnel pour l’opération Market Garden en septembre et participe à la libération de Nimègue. Il termine la guerre sur l’Elbe où sa division opère la jonction avec l’Armée Rouge.

john steele avant l'assaut

John Steele, et trois camarades avant l’assaut, lui seul survivra.

Réaffecté un temps à la 17e Division aéroportée, il regagne les États-Unis pour y être démobilisé en septembre 1945. Il finira le conflit, pendant lequel il obtient deux décorations : la Bronze Star (bravoure) et la Purple Heart (blessures), avec le grade de sergent.
John Steele est ensuite souvent revenu à Sainte-Mère l’Église, notamment pour les commémorations chaque 6 juin. Il avait d’ailleurs émis le souhait d’être enterré en Normandie. La photographie ci-contre est extraite du site de la 505e RCT.

Son vœu ne sera malheureusement pas exaucé. Ce combattant plusieurs fois blessé, qui avait vu la mort de près, meurt d’un cancer de la gorge à seulement 57 ans, le 16 mai 1969, dans sa ville de Fayetteville, en Caroline du Nord, et est enterré au cimetière maçonnique de Metropolis (Illinois), sa ville natale.

Dans le film, son rôle est interprété par Red Buttons (voix française de Guy Pierauld).
A Sainte-Mère Église, un hôtel-restaurant installé dans un ancien relais de poste du XVIIIème siècle (murs de pierres, poutres apparentes, etc..) à deux pas du clocher, lui a dédié son enseigne : c’est l’Auberge John Steele.

* on notera, ce qui paraît pour le moins curieux, qu’Alexandre Renaud, maire du village à l’époque, lorsqu’il publie son ouvrage : “Sainte-Mère Église, première tête de pont américaine en France”, ne parle pas de John Steele.

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