Lieutenant-Colonel Otway

Terence Brandram Hastings Otway est né en juin 1914 au Caire, mais rentre, dès 1915, pendant que son père se bat en France, en Angleterre. A l’exception de trois années passées en Irlande, c’est là qu’il passera sa jeunesse, marquée par une santé fragile.
Il intègre en 1933 l’Académie militaire royale de Sandhurst. Sorti avec un classement qui lui offre la possibilité de rejoindre la prestigieuse armée des Indes, il opte pour l’armée britannique, en l’occurrence le Royal Ulster Rifles.

lieutenant OtwayA l’automne 1935, il est envoyé à Hong-Kong, comme officier de renseignements d’abord, du chiffre ensuite ; puis à Shangaï en août 1937, en plein conflit avec les troupes japonaises. Il y restera  quatre mois avant que le bataillon ne soit envoyé en Inde, à Rawalpindi.
La déclaration de guerre trouve Otway au milieu de la permission de trois mois qu’il a prise pour se marier. En avril 1940, le bataillon rentre en Angleterre pour y être transformé en unité mécanisée. Le Lieutenant Otway, dont la carrière continue à progresser, entre à l’École d’État-Major (1941), puis sert au War Cabinet (1942) avant de retrouver en juin 1943 son régiment du Royal Ulster Rifles, désormais intégré à la 6e Division aéroportée. Affecté en août comme second du 9e Bataillon parachutiste, il en prend le commandement avec le grade de lieutenant-colonel en mars 1944.

Sur les plages du débarquement, Lors de l’opération Overlord, et plus précisément de l’opération Tonga, son objectif est de neutraliser la batterie allemande de Merville, principale menace pour la plage de Sword.
Les choses débutent mal : la plupart des parachutistes s’égarent dans les marais. Quand il parvient à rassembler ses hommes, Otway n’en compte que 150, sur les 700 parachutés, et il n’a pas non plus de matériel lourd. Il dispose par ailleurs de peu de temps : en cas d’échec de la mission, c’est-à-dire en fait s’il ne reçoit pas le signal convenu, l’HMS Arethusa ouvrira le feu, risquant de faire autant de pertes chez les amis que chez les ennemis. A 4 h 30, Otway lance l’assaut. Au terme d’un combat particulièrement violent (70 hommes tués ou hors de combat), Otway se rend maître de la position. A 5 h, les canons sont neutralisés. Ayant subi de lourdes pertes, Otway décroche et installe une position défensive au château d’Amfreville. Il aura à faire face les jours suivants aux contre-attaques de la 21e Panzerdivision, mais maintiendra ses positions, prenant même Château Saint Côme. Son comportement à Merville lui vaudra le “Distinguished Service Order”, dont la citation dit que “son indifférence totale pour le danger a été une source d’inspiration pour tous ses hommes”.

Quelques temps plus tard, il est blessé par un obus “perdu”. Rapatrié sur l’hôpital de Cardiff, il est déclaré inapte à retourner en première ligne, et se verra donc affecté à l’État-Major du Ministère de la guerre.
Il reprend pourtant du service “actif” en mai 1945 en Inde, avec pour mission de transformer son régiment (le 1st King’s Regiment) en unité parachutiste de la 2nde “Indian Airborne Division”. En septembre, il rejoint le Ministère de la Guerre avec pour tâche la rédaction de l’histoire, toute récente, des troupes aéroportées (l’ouvrage : “Army Airborne Forces in the Second World War”sera mis à disposition du grand public en 1990).

Déçu par l’armée d’après-guerre, Otway la quitte en 1948, pour débuter alors une brillante carrière de dirigeant de sociétés, touchant aux secteurs les plus divers (la presse, les jouets, l’import-export, etc..). Retraité en 1979, il s’implique, la plupart du temps anonymement, auprès d’œuvres sociales pour militaires ou veuves de militaires, intervenant personnellement pour démêler telle ou telle situation.

En 1983, il rencontre l’officier allemand qui commandait la batterie de Merville. Il dira plus tard qu’il n’avait pas eu le cran de refuser la main tendue, mais qu’il ne pouvait pas oublier ses hommes tués, accrochés dans les arbres (en visite sur les lieux, il chassera lui-même des gens qui pique-niquaient sur la batterie : “je n’aime pas que des gens mangent et boivent là où mes hommes sont morts”).

En 1997, il a dévoilé lui-même le buste offert par les habitants de Merville-Franceville, où une rue porte désormais son nom.
Il s’est éteint dans sa maison du Surrey en juillet 2006, à l’âge de 92 ans. L’année suivante, sa seconde épouse a fait don au musée de la batterie de Merville de son béret et de ses médailles.

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