Général Montgomery

L’ordre de bataille et les forces d’assaut anglo-canadiennes

Nous allons vous parler ici de Bernard Law Montgomery mais avant cela, nous avons choisi la page qui lui est consacrée – eu égard à son grade de Commandant du 21e groupe d’armées – pour héberger l’infographie qui suit et qui vous permettra de vous représenter le rôle de chacun au sein de l’ordre de bataille anglo-canadien sur les plages du débarquementNB : Il vous est possible d’agrandir l’image simplement en cliquant dessus (cliquez sur le bouton précédent de votre navigateur web pour revenir ici).

infographie explicative des forces anglo-canadiennes

Le Général Bernard Montgomery

Bernard Law Montgomery naît à Londres en Novembre 1887. Quatrième enfant d’une famille de neuf, il a pour père un pasteur anglican qui, en 1889, accède à l’épiscopat, en étant nommé… en Tasmanie. C’est donc là que le futur vicomte d’El Alamein, entre un père qu’il ne voit pas souvent et une mère autoritaire dont il devient vite le souffre-douleur, passe son enfance. En 1901, la famille est de retour à Londres, et celui qui héritera bientôt du surnom de “Monkey” (Singe) fait connaissance comme ses frères avec le collège anglais. Hormis en sports où il excelle, les résultats ne sont pas fameux. A vingt ans, en 1907, il intègre pourtant  l’académie royale militaire de Sandhurst, à un rang assez modeste (72e sur 170). S’il s’y affirme comme un leader naturel, son caractère turbulent lui vaut des sanctions. Il ne sortira sous-lieutenant qu’en septembre 1908, deux mois avant de rejoindre l’armée britannique aux Indes, où il restera jusqu’en 1913.

Il découvre l’épreuve du feu en 1914. Grièvement blessé et même laissé pour mort près de Méteren (Flandres françaises), il est rapatrié en Angleterre et, une fois guéri, revient en France comme officier d’État-major. Là, il prend conscience des manques et de l’impréparation d’une armée qui, comme la nôtre, découvre brutalement que ses conceptions héritées du siècle précédent ne sont plus de mise. Après avoir participé à la bataille de la Lys et à celle du Chemin des Dames, il termine le conflit comme lieutenant-colonel, chef d’État-major de la 47e Division.

général MontgomeryL’après-guerre le voit d’abord commandant de brigade pendant la guerre civile irlandaise, durant laquelle il s’efforce de demander à ses hommes un comportement de combattant, loin des exactions auxquelles se livreront certaines unités. Ce sont ensuite l’Égypte, l’Inde, la Palestine, avant le retour au bercail en 1939. Le déclenchement du conflit le trouve à la tête de la 3e Division d’Infanterie, déployée dans le Nord-Pas de Calais. Là, il fait hélas un constat comparable à celui de 14/18 quant à l’improvisation dont a fait preuve le haut commandement, en retard d’une guerre. Lorsque la Wehrmacht déclenche les hostilités en mai 1940, la Division de Montgomery tient le choc honorablement, et réussit son Opération Dynamo (l’évacuation de la poche de Dunkerque).

Le caractère, le franc-parler et les prises de position de Bernard Montgomery ne lui valent pas que des amis au sein du War Office. En Juillet 1940, sa rencontre avec Winston Chruchill marque le début d’une amitié – et d’un appui – dont il aura bien besoin par la suite.

En août 1942, c’est l’arrivée à la tête de la 8e Armée, en Afrique du Nord, là où va s’écrire la légende. Au printemps de cette année-là, pendant seize jours, les Français Libres du Général Koenig ont arrêté, de façon inattendue, les forces italo-allemandes, pourtant supérieures en nombre dans la proportion de 1 pour 12, sans compter leur écrasante supériorité matérielle. Bir-Hakeim a permis aux forces britanniques de se replier en bon ordre, et aux renforts d’arriver à temps. Lorsque Rommel reprend l’initiative, fin août, à Alam Halfa, Montgomery le stoppe, l’obligeant au repli, mais ne le poursuit pas. Le tournant décisif sera la 2e bataille d’El Alamein, fin octobre, à partir de laquelle les forces de l’axe ne cesseront plus de perdre du terrain. On retrouve celui que l’on surnomme désormais “Monty” à la tête de la 8e Armée lors du débarquement en Sicile de 1943. Ses divergences de vues avec les chefs américains, Patton et Bradley notamment, l’incitent à se retirer du commandement de l’opération en décembre.

On le retrouve dès lors en 1944 au commandement du 21e groupe d’armées, qui regroupe toutes les forces terrestres qui débarqueront sur les plages de Normandie. C’est là, en tant qu’adjoint d’Eisenhower, qu’il convaincra ce dernier d’amplifier le dispositif initialement prévu, en allongeant le secteur de débarquement de 55 à 90 km, et en passant à six le nombre de divisions d’infanterie déversées sur les plages.

Son rôle dans la bataille de Normandie est beaucoup plus sujet à caution : on lui reprochera une prudence excessive, un retard certain dans la prise de Caen (prévue dès le 6 juin au soir, intervenue le 21 juillet !), une volonté de vouloir harceler jusqu’aux plus petites unités allemandes, quand, à l’inverse, côté américain, un Patton emportait avec lui tout ce qui se trouvait devant ses blindés. Promu Maréchal le 1er Septembre, Monty réussit à imposer à “Ike” (à contre-cœur, et malgré l’avis opposé de Patton et Bradley) son projet de percer vers la Ruhr en passant par les Pays-Bas et, pour cela, en s’emparant, par des opérations aéroportées, des principaux ponts encore tenus par les Allemands : c’est l’opération “Market Garden”. Malgré la libération d’une partie du territoire néerlandais, l’opération est un échec, les pertes considérables : près de 18 000 hommes, tués, capturés ou portés disparus, mort de milliers de civils hollandais. Le Général Montgomery ne le reconnut jamais : pour lui, l’opération était réussie “à 90 %”.

On retrouve Monty lors de la bataille des Ardennes, où, en raison de la désorganisation provoquée par la contre-offensive allemande, Eisenhower lui confie en catastrophe (il est le plus proche des combats) le commandement de deux armées US, dont il réorganise l’effort. Là encore, son comportement prête à discussion : il ne lance l’offensive, réclamée par “Ike” dès le 1er janvier, que le 3, laissant une partie des troupes allemandes s’échapper. Son groupe d’armées franchit le Rhin fin mars, occupe la péninsule danoise (soufflée à l’Armée rouge) et toute l’Allemagne du Nord. C’est là, à Lunebourg, qu’il reçoit le 4 mai la capitulation des armées allemandes de cette zone.

Après la guerre, Monty sera successivement chef de l’État-Major général impérial, puis, à nouveau aux côtés d’Eisenhower, adjoint au commandant suprême des forces atlantiques en Europe, dans ce qui donnera naissance à l’OTAN. Il prend sa retraite en 1958. Dans les dernières années de sa vie, la “ statue du commandeur” s’est quelque peu fissurée : ses prises de position, en faveur de l’apartheid ou du régime de Mao, ne font évidemment pas l’unanimité et les historiens, britanniques notamment, éclairent parfois ses décisions sous un jour un peu moins flatteur qu’au moment de sa gloire. Il meurt chez lui à Alton (dans le Hampshire, entre Londres et Southampton) en 1976, reçoit des funérailles nationales, et est enterré non loin de là, à Binsted.

Dans « Le jour le plus long« , son rôle est interprété par Trevor Reid.

En 1946, la commune de Colleville-sur-Orne (à ne pas confondre avec Colleville-sur-mer) a choisi de lui rendre hommage en accolant son nom au sien.

Sa page Wikipédia d’où vient d’ailleurs la photographie

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