Général Gerhardt

Charles Hunter Gerhardt est né le 6 Juin (eh oui!) 1895, d’un père lui-même Général. Sa voie est donc toute tracée : ce sera West Point ! Il s’y fait surtout remarquer par ses talents sportifs, en baseball, football (c’est un excellent “quaterback”), et aussi en polo (il sera d’ailleurs sélectionné comme juge pour les épreuves d’équitation des Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932). A la sortie de l’école, il opte pour la cavalerie et sert quelques mois en France à la fin de la 1ère guerre au sein de la 89e Division.

général GerhardtIl obtient son premier grand commandement en étant placé à la tête de la 91e DI. Il n’y fait pas l’unanimité. Il passe en effet pour un chef tatillon, “jugulaire, jugulaire“, particulièrement pointilleux, par exemple, sur la propreté du matériel  (l’anecdote veut aussi que, le 7 juin 1944, il ait réprimandé un de ses hommes qui avait eu le tort de jeter ses pelures d’orange par terre).

C’est parce qu’il est depuis Juillet 1943 commandant de la 29e DI, qui débarque à Omaha, que nous en parlons ici. C’est à ce poste qu’il va devenir le chef le plus controversé, côté Alliés s’entend, du théâtre d’opérations européen. On le sait, sur chaque plage du débarquement à Omaha, le choc est particulièrement rude, et les pertes conséquentes (Omaha la sanglante).

C’est davantage dans les jours qui vont suivre, notamment dans la progression vers Saint-Lô, que les décisions de Gerhardt prêteront à discussion. Ses détracteurs estiment qu’il est un piètre tacticien, et surtout, qu’il fait peu de cas de la vie de ses hommes, qui pourtant, de façon générale, l’apprécient (au point de le baptiser “Oncle Charlie”): durant la campagne de France, une plaisanterie circule : Gerhardt commande trois divisions : la première est sur le champ de bataille, la deuxième à l’hôpital, et la troisième au cimetière ! De fait, après la 1ère DI, sa division est celle qui va enregistrer les pertes les plus lourdes de toute la guerre (là encore, côté Alliés) et celles-ci, bien plus encore qu’à un Général Cota pour la 28e (voir l’article sur celui-ci), lui sont directement reprochées, ainsi que des fautes qualifiées de “morales”, comme d’avoir pour ainsi dire fait instituer de lui-même une maison de prostitution pour ses hommes.

Ainsi, lorsque, en 1946, la 29e rentre au bercail pour y être démobilisée, son commandement est remis en question, ses étoiles lui sont retirées, et Gerhardt se retrouve simple colonel. Envoyé comme attaché militaire au Brésil, il retrouvera pourtant son grade de Major Général, avec lequel il prend sa retraite en 1952. Il meurt d’une crise cardiaque à 81 ans, en octobre 1976, et est enterré au cimetière d’Arlington.

Sa page anglaise Wikipédia d’où vient d’ailleurs la photographie.

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